Propos recueillis par : Thomas Slebir et Charles Kaesser
Traduction : Thomas Slebir
Photos : www.amplifiertheband.com
C'est quelques minutes avant le début du set d'Opeth que nous pénétrons dans la loge d'Amplifier afin de rencontrer son chanteur guitariste Sel Balamir. Sel est assis sur le canapé, à la fois serein et tendu, profitant de l'instant présent, un instant très particulier pour lui. Son groupe vient de séduire une bonne partie du public de l'Élysée Montmartre avec son show original et énergique…

Alors, qu'est ce que ça fait d'ouvrir pour Opeth ?
Tu sais, on a jamais fait de scènes aussi grandes, alors faire la première partie d'Opeth, c'est vraiment une opportunité pour nous, il y a vraiment une grande affluence. Cette tournée est vraiment excellente, et les mecs d'Opeth sont vraiment sympas.

Votre musique est tout de même vraiment différente de celle d'Opeth. Comment ça se fait que vous finissiez sur la même affiche ?
En fait, on était sur le même label, et ce sont des bons potes, alors je leur ai juste demandé et ils ont accepté. Je pense que les gens qui écoutent Opeth sont plutôt ouverts d'esprit en termes de goûts musicaux, donc je pense que les différences au niveau musical ne posent vraiment aucun problème.

Alors, comment se passe la tournée ?
Très bien, on ouvre pour Opeth dans toute l'Europe. On a joué en Allemagne, et comme c'est un endroit ou on a beaucoup tourné les gens venaient aussi pour nous voir, à l'inverse de la France ou on a seulement joué une fois au Nouveau Casino et ou le public nous découvre seulement. C'est donc vraiment notre première grand concert en France ou beaucoup de gens viennent et peuvent découvrir ce qu'est Amplifier, en espérant qu'ils ont aimé !

Quelles sont les réactions du public d'Opeth par rapport à votre musique ?
Evidemment, on a pas autant de succès qu'Opeth, ce qui est souvent le lot de la première partie. Tu dois te mettre le public dans la poche !

Quel souvenir gardez-vous de votre concert au Nouveau Casino le 30 Mai 2005 ?
C'était un très bon concert, on a joué avec un excellent groupe local, Time To Burn, et venir à Paris c'était vraiment sympa ; j'imagine que pour un groupe français, venir jouer à Londres est très excitant aussi. On était en tête d'affiche, et on en garde un excellent souvenir.

Comment avez-vous procédé à la composition de votre dernier album, Insider ?
On n'a pas eu beaucoup de temps pour composer cet album, contrairement au premier, ça a été une courte période de travail intensif, ce qui explique, d'après moi, son côté plus direct et plus porté sur les riffs. Ce n'est qu'après la fin de l'enregistrement qu'on a pu se poser et l'écouter calmement, et on s'est rendu compte que c'était un bon album !

Plus porté sur les riffs, tu veux dire plus d'énergie peut-être ?
Effectivement, je pense que cet album est beaucoup plus fort en adrénaline que le premier album. [nous sommes interrompus par une demande de dédicace, preuve que le groupe a sûrement plus de succès que son modeste leader ne veut l'avouer].

Comment se passe le processus d'écriture de la musique au sein d'Amplifier ?
Et bien, ça dépend. Comme je t'ai dit, pour le premier album, nous avons disposé de beaucoup de temps, et les idées sont venues sur un laps de plusieurs années. Pour le second album, tout a été fait sur une période de quelques semaines, donc c'était vraiment très différent, on n'avait pas autant d'occasions de s'asseoir et d'écouter ce que l'on avait fait pour prendre du recul.

Quels sont les thèmes des paroles ?
Les paroles que j'écris sont des pensées que j'ai. Tu vois plutôt que d'écrire un journal intime, je suis dans un groupe et donc j'écris des paroles. Les paroles découlent de la musique, et de ce qui colle à celle-ci et vice versa.

Que représente la couverture de l'album Insider ?
C'est moi qui l'ai faite. La couverture du premier album est une photo du soleil, celle-ci est une sorte de représentation du soleil, qui permet de relier les deux albums. Cependant, ce soleil vient d'un endroit bien plus sombre, plus noir. C'est sûrement relié au fait que cet album est, d'après moi, bien plus mature et plus énergique que le premier album, qui sonnait plus " jeune ", avec les bons et les mauvais côtés que cela comporte.

Quels sont vos plans pour le futur ?
Ecrire et enregistrer un nouvel album, repartir en tournée, sûrement autour de février ou mars, probablement en tête d'affiche en Europe, après probablement encore une première partie avec Porcupine Tree et King's X, faire des festivals, faire un nouvel album, et ainsi de suite.

Les deux vont de pair, mais as-tu une préférence pour la scène ou pour le studio ?
C'est bon de faire les deux, l'un sans l'autre devient très vite ennuyeux. Quand tu composes un album, tu créées le concept de ton morceaux, une sorte de forme, et quand tu la joues sur scène, tu la mets dans le contexte, elle prend vie. C'est comme si on était des architectes : quand on est en studio, on fait les plans, le concept, et monter sur scène c'est comme construire la maison.
De plus, la création musicale a pour finalité de jouer cette musique sur scène. Avec notre second album, nous avons comblé ce qui manquait au set de notre première tournée : on peut, en combinant nos deux albums sur scène, avoir un set à la fois plus dynamique et plus nuancé. Le premier album est plutôt lent, alors que le second est plus énergique. Lorsque nous jouons en tête d'affiche, ça fonctionne très bien : on alterne les deux pendant une heure et demie de façon à ce que le public ne s'ennuie pas.

Un dernier mot pour les fans français ?
Vous ne nous connaissez pas, alors jetez une oreille sur notre musique et faites-vous votre avis ! Ne laissez personne vous dicter vos goûts !