Marc Storace & Dominique Favez mardi 13 septembre 2006

Interview : DAVID 110869

Photos : Nath-Ürlich

DAVID : Bonjour Marc et Dominique. Pourquoi ce titre pour ce nouvel album 'Hellraiser' ?


MARC STORACE : C'est la première chanson qui nous est venue à l'esprit. Ce titre est connu par pas mal de gens grâce au film de Clive Barker. En suisse, la bande originale de Hellraiser a été numéro un à l'époque et c'est ainsi quelque chose de familier à leurs oreilles, ce nom. Alors quand on a commencé à bosser sur la pochette de l'album, nous avons décidé de quel titre nous allons choisir pour illustrer le disque et quand on a vu la couverture du disque choisie, on s'est dit que cela ressemblait vraiment à un vrai démon (Hellraiser), cette machine bestiale, automatique.
DAVID : C'est un bon nom mais plusieurs groupes l'ont déjà utilisé aussi.

MARC STORACE : Oui, comme toute chose un peu partout. Tout a déjà été fait. Rien ne peut être fait dans un but rénovateur, les artistes d'aujourd'hui vont même jusqu'à enregistrer des reprises d'autres groupes. Je crois que JUDAS PRIEST a un album appelé 'Hellraiser' qui est sorti après, euh non, je confonds c'est une chanson. L'album auquel je pensais était 'Painkiller'.

DAVID : Lemmy et Ozzy Osbourne ont composé un titre nommé " Hellraiser " aussi.

MARC STORACE : Ah ? Et bien, nous avons aussi un titre nommé " Hellraiser ". (S'adressant à son guitariste). SLADE ont aussi une chanson nommée " Hellraiser ". Je crois que DEF LEPPARD l'a reprise sur son nouveau CD.

DOMINIQUE FAVEZ : Ah ? Je ne savais pas.

MARC STORACE : Enfin, il y avait quelque chose de bon avec ce nom, c'est pourquoi nous l'avons choisi.

DAVID : Comment ce nouvel album a été composé et enregistré ?

MARC STORACE : Ca a commencé après l'été 2004, car nous voulions aller aux USA mais un des musiciens, monsieur Von Arb (l'autre guitariste) a eu un souci avec ses doigts et a dû se faire opérer. Donc, comme nous étions en pause suite à cet incident, nous en avons profité pour écrire des chansons. Nous avions la pêche et avons composé assez rapidement l'album. C'est pour cela qu'il sonne ainsi. Individuellement, chacun a écrit ses parties chez lui puis nous sommes réunis pour faire des démos et on a arrangé les chansons pour leur donner une direction nous convenant à tous. Nous avions un large panel de chansons que nous avons dû coupées, réorganisées afin de n'en garder que le meilleur. J'ai pris pas mal de temps pour écrire les textes. Nous voulions obtenir une large gamme de types de chansons, c'est dans cet optique que les morceaux ont vu le jour.
DAVID : Oui, je vois.

MARC STORACE : Et l'enregistrement…

DOMINIQUE FAVEZ : Oui, ça a été assez cool, facile, comme nous avions les bandes de démos, nous avons joué tous ensemble en studio. C'est le batteur qui a eu le plus de travail en fait.

MARC STORACE : C'est dans un vieux studio que nous avons enregistré, à Stuttgart. Une large pièce avec un grand bureau, et des choses comme çà.

DOMINIQUE FAVEZ : Oui… (Rires)

MARC STORACE : Nous avons enregistré 16 chansons en deux jours.

DOMINIQUE FAVEZ : Enfin les bandes témoins et la batterie. Aussi quand nous avons fini, on a dit au revoir et on est retourné à la maison.

MARC STORACE : Puis Tony a enregistré la basse avec le batteur au click puis Mandy Meyer a posé ses guitares sur bande. On a eu des problèmes avec les bandes et on a dû recommencer les enregistrements. Mais sur l'album, on a pu conserver mes premiers enregistrements vocaux !


DOMINIQUE FAVEZ : Ah ?

MARC STORACE : Oui. On a fait assez facilement en fait malgré les aléas : l'ambiance était bonne et ça a été vite. Un peu comme pour 'Rock the block' (album de 2003) même si on avait utilisé le ProTools là bas. Le but de l'enregistrement est non seulement de pratiquer mais aussi d'avoir du divertissement. Ainsi, après ce travail, on a pris deux semaines de congés puis avons assisté au mixage et ce genre de finalisation. Et là, beaucoup de discussions, il y a trop de basse ici, bla bla bla, ce qui a fini par nous faire bosser plusieurs jours sur une seule chanson…On a eu aussi des problèmes techniques durant le mix, enfin bon, ça a bien fini avec un master correct. Quand on bosse avec nous, un producteur n'a pas à imposer sa vision des choses, je suis dans un groupe qui sait ce qu'il veut en termes de sonorités et donc le producteur nous aide, mais ne nous dirige pas.

DAVID : Quelles sont vos chansons favorites dans 'Hellraiser' ? J'aime bien pour ma part la ballade qui dénote un peu de votre part.

MARC STORACE : 'Take my love' est en effet une bonne chanson. Mais malgré ce que les gens pensent, nous ne faisons pas que des albums d'un seul tenant, nous avons pas mal de variantes au gré des albums. Que veux-tu dire par chanson différente ?

DAVID : Ce que je veux dire, c'est que…

MARC STORACE : Nous nous posons ces questions à nous même avant de composer et d'enregistrer. Nos albums ne sont pas des suites de chansons Boogie Rock se ressemblant. Nous faisons du Rock, du Hard Rock, ce sont nous c'est KROKUS, point. Car que pourrions nous dire à la fin, que nous avons des tas d'albums de Boogie Rock ??!! Enfin, j'aime bien, sur 'Hellraiser', les morceaux " Midnite fantasy " et " Love will survive ".

DOMINIQUE FAVEZ : Pas " Midnite… ", elle est trop longue ! Je plaisante bien sûr ! (Rires) Désolé…

MARC STORACE : Moi, " Spirit of the night " et " Love will survive ". Nous sommes content de nos nouvelles influences, le groupe est frais, tu vois! Avec de nouveaux musiciens et de nouvelles idées… L'idée est d'aller encore plus loin. J'espère que la prochaine fois, nous irons encore un pas plus en avant. Qui sait ? Pour moi, le titre " Love will survive est un titre à part où il y a des influences de LED ZEPPELIN, d'autres chansons ont des influences Lenny Kravitz tandis que " So long " lorgne plutôt vers le groupe SCORPIONS. (Marc commence à chanter " Still loving you "). D'autres chansons ont pour influences AC/DC. C'est ce que pas mal de journalistes pensent de nous mais je pense qu'ils n'ont pas toujours raison. (Marc se met à chanter plusieurs chansons de KROKUS). AC/DC n'a jamais composé de morceaux comme nous avons enregistrés tels " Tokyo nights " (NDLR : chanson sur 'Metal Rendez vous' en 1980) ou " Russian winter " (NDLR :morceau sur 'Headhunter' en 1983)… Beaucoup de chansons de KROKUS sont très éloignées de AC/DC…

DAVID : Mais, c'est sûrement car ta voix, Marc, est proche de celle de …

MARC STORACE : De celle de Bon Scott ? Oui, mais il y a beaucoup de choses qu'il n'aurait pas pu chanter. Je suis désolé car c'est une icône du Rock et…

DAVID : Vos voix ne sont pas pareilles mais …

MARC STORACE : Nos voix diffèrent en le sens où mon spectre vocal est plus large.

DAVID : Ce n'est pas une critique…

MARC STORACE : Ok, je comprends bien.

DAVID : Plutôt un compliment.

MARC STORACE : Je respecte beaucoup Bon. C'est pour ça que j'ai travaillé avec le groupe WARRIOR ou avec DC WORLD (NDLR : groupe hommage à AC/DC période BON SCOTT, comme nos français de SCOTTLAND ;) ). Je suis conscient de mon potentiel et j'aime faire de la musique énormément. Si je peux travailler à un autre groupe que KROKUS, j'y vais… J'aime ça les mélodies, le chant… Avec KROKUS, j'ai la chance d'avoir beaucoup de liberté. J'ai participé à un album du groupe WARRIOR qui fait un style plus agressif, plus rapide… J'ai grandi avec KROKUS en tant que chanteur et les meilleures choses me sont arrivées. Jouer avec de grands groupes, dans de magnifiques endroits, composer de jolies chansons…Nous avons la chance encore de nos jours de faire nos albums avec innovation. (Rires) Nos refrains sont différents de ceux d'AC/DC et je ne comprends pas toujours pourquoi cette référence est si souvent faite.

DAVID : Avez-vous de prévu dans vos agendas de faire une tournée en France ? Cela fait longtemps que nous ne vous avons vu sur scène…

MARC STORACE : Ce n'est pas nous qui avons décidé. Oui, nous avons prévu une tournée pour rencontrer nos fans français, allemands, ou américains. Si vous voulez nous voir, nous viendrons. C'est si simple !! Premièrement, il nous faut de la demande pour venir jouer dans un pays. Il faut nous ravitailler afin que nous venions… C'est ainsi que ça fonctionne.

DOMINIQUE FAVEZ : afin de ne pas faire un concert où personne ne viendrait… Nous faisons d'excellents concerts où nous jouons tout seul (rires). Enfin, tourner coûte cher aussi…

MARC STORACE : Nous allons voir, ces jours qui viennent, pour la tournée mais c'est un dilemme, comme par exemple de tourner aux États-Unis. Les prix ont beaucoup augmenté depuis quelques temps et c'est difficile. Nous espérons aller où ne sommes jamais allés ou très peu comme la France. On aimerait faire une grosse tournée car on a envie de jouer un maximum, d'exposer nos chansons !! La meilleure des façons de tourner serait d'intégrer une bande de groupes avec lesquels nous jouerions…

DAVID : Un festival ?

MARC STORACE : Je ne sais pas mais KROKUS avec deux autres groupes sillonnant la France, ce serait bien…

DOMINIQUE FAVEZ : Oui, TRUST. Ils se sont reformés, non ?

DAVID : Oui, TRUST se sont reformés et tournent cet automne.

DOMINIQUE FAVEZ : (en français) Je pense que le Rock est peut-être en passe de revenir en France… Faut croiser les doigts car j'ai entendu que c'était difficile…A part la variété, et puis les radios privilégient les textes en français. Vous êtes obligés de passer 50% de chansons françaises, ça limite les groupes de Rock à diffuser…

DAVID : Oui, Dominique en effet… Enfin, il y a des radios libres sans publicité qui sont moins contraintes à cette loi, le quota n'est que de 10% dans ce cas.

DOMINIQUE FAVEZ : Et ouais…

DAVID : On va venir habiter en Suisse alors…

DOMINIQUE FAVEZ : Et bien venez…(fin de la conversation en français) Vous êtes les bienvenus en Suisse.

MARC STORACE : Faites le !! (rires)

DAVID : Quel est votre programme pour la fin de l'année et le début de la suivante ?

MARC STORACE : Donc, là nous sommes en promo avec interviews en direct comme ici ou au téléphone. Le nouvel album sort bientôt et on assure notre job. Nous avons un concert à faire pour lequel nous devons répéter un set acoustique. Nous devons encore retourner en Allemagne et en Suisse, pour jouer ces sets acoustiques pour nos fans, signer des autographes, rencontrer nos fans.

DOMINIQUE FAVEZ : Nous allons aller aussi en Scandinavie, au milieu du mois d'octobre puis en Finlande, faire une tournée en Suisse, c'est tout ce que je sais actuellement.

MARC STORACE : Il y a aussi deux concerts en Grèce de prévus tout comme un à Malte.
DAVID : Vous jouez avec quel autre groupe ?

MARC STORACE : Non, nous jouons seul. Ca va être bien ce concert. On y a attend du monde !!

DOMINIQUE FAVEZ : Marc est originaire de Malte. (Rires) Je vais être très heureux d'y aller jouer.

MARC STORACE : Oui, moi aussi… Ca va être génial d'y être. En plus, la Grèce en Novembre, ça va être top !! Nous devons jouer en Sibérie, à Moscou… C'est prestigieux de tourner. J'aime ça !! Nous donnons toujours le meilleur de nous-mêmes.

DOMINIQUE FAVEZ : Dans ces pays là, le public est extraordinaire, ils veulent partager… Un mec m'a serré la main dix fois !! Je lui ai dit 'bonjour' dix fois mais on sentait que c'était important pour lui de me voir. (Rires)
DAVID : Comment est la scène Hard Rock en Suisse ?

DOMINIQUE FAVEZ : Les fans sont comme la personne qui m'a dit bonjour dix fois… (Rires)

DAVID : Oui, mais quels sont les groupes qui forment la scène Hard Rock en Suisse ?

MARC STORACE : Il y a GOTTHARD et SHAKRA…


DOMINIQUE FAVEZ : KROKUS ! (rires)

MARC STORACE : Ou CHIVA, je ne sais pas s'il existe toujours ?? PURE INC. Que j'allais oublier. Le batteur de ce groupe est le fils du guitariste de mon groupe solo. Il y a un titre sur 'Hellraiser' sur lequel il participe.

DAVID : Nous avons vu PURE INC., le week-end passé.

MARC STORACE : Ah ? Où ça ?

DAVID : Au RaismesFest, un festival se passant au Nord de la France.

MARC STORACE : Un grand festival ?

DAVID : Non, un festival français de taille assez petite.

DOMINIQUE FAVEZ : Comme les Eurockéennes ?

DAVID : Beaucoup plus petit.
Pouvez-vous faire une présentation du point de vue des paroles de 'Hellraiser' ?


MARC STORACE : C'est un assortiment de textes qui parlent de beaucoup de sujets. Le voisinage, le fait de faire la fête, de faire du Rock ! De ne pas uniquement avoir une vie pour travailler et payer ses factures. Nous ne sommes pas seulement sur Terre pour travailler mais aussi pour profiter de cette vie que l'on a. C'est le message diffusé sur l'album dans son intégralité. Parfois la vie est triste, tu peux être seul et dépressif, des gens meurent autour de toi, mais il faut résister. Prendre en compte la nature qui t'entoure et l'apprécier… Repenser au monde autour de toi, et l'apprécier pleinement. Combattre le mal, combattre les dictateurs, la guerre…Combattre pour la paix (rires). Parfois, j'entends des pacifistes, dire être contre la guerre et s'asseoir au milieu de fleurs, attendant qu'on les tue… Si on veut éviter la guerre, protéger les enfants et les siens, on ne peut pas croiser les doigts face à une guerre. On se doit de prendre une arme afin de les défendre contre un éventuel ennemi. Je suis pacifiste mais ne ferait pas rien si l'on s'en prend aux miens. John Lennon parlait de paix et il a été tué…
Donc, pour en revenir aux paroles, je parle pas mal de fêtes, d'être trop sauvage pour dormir ce soir et ce genre de choses, de l'adrénaline avant de commencer un concert. Pas d'être dans une chambre d'hôtel à regarder la télé, non, mais d'attendre le concert avec impatience pour se défouler ou après un concert que nous avons encore faim de cette énergie, de toute ces bonnes choses perçues durant un show de Rock, des moments après le concert où on s'amuse beaucoup. " Turnin' inside out " parle d'être dans un petite ville ennuyeuse, où tu dois rester dans ton jardin à ne rien faire, où si tu fais trop de bruit, on appelle la police et ce genre de trucs pas Rock'n roll du tout.

DAVID : Quelle est votre chanson préférée de la carrière de KROKUS ?

MARC STORACE : " Screaming in the night " (NDLR : chanson sur 'Headhunter', 1983) je pense. Une chanson qui parle d'apprécier chanter et de se lever pour affronter le Mal, ce genre d'histoires un peu dramatiques de façon théâtrale. Cette chanson contient de bons arrangements, de très bonnes paroles, un terrible solo de guitare… .

DOMINIQUE FAVEZ : Moi, ce serait aussi " Screaming in the night ".

MARC STORACE : Vrai ?

DOMINIQUE FAVEZ : Oui ! A part ça, j'aime bien les chansons mélancoliques, celles où il y a des atmosphères. Sans ça, j'aime bien " Flying through the night " (NDLR : de 'To rock or not to be', album de 1995). Une chanson très cool… (Dominique chante le riff). Du nouvel album, c'est " Hangman " qui a ma préférence.

MARC STORACE : Ah oui ? Cette chanson a une histoire un peu bizarre. Un mec qui est amoureux dont sa copine meurt empoisonnée et qui est accusé de ce meurtre. Ca l'a complètement foutu en l'air. Il est le survivant de ce couple et doit affronter le regard des gens qui le jugent. Ca parle de ce que peut réserver la vie comme des accidents impromptus.
Les héros qui meurent jeunes, et ce genre de choses. Il n'y a plus dans notre monde de Gandhi, et il est dur d'être un héros désormais. Enfin, le personnage de la chanson s'adresse à un autre 'Hangman, Hangman ! Il cherche de l'aide, que les gens changent de comportement vis-à-vis de lui… Ca parle de notre monde actuel. Il y a beaucoup d'énergie dans ce titre.
DAVID : Comment appelez vous votre musique ? Rock, Hard Rock, Heavy Rock ?

MARC STORACE : Pour moi, c'est du Hard Rock. J'aime bien manger des hamburgers au Hard Rock Café (rires). C'est le genre musical que nous faisons. Certaines maisons de disques ont donné des tas de nom au même genre de musique : Speed Metal, Dark Metal, je pense que même le Heavy Metal ne convient pas véritablement comme terme pour décrire notre musique. Certains classifieront les titres " Spirit of the night " ou " Headhunter " comme tels
Mais, pour moi, le Heavy Metal est un genre plus froid que ce nous faisons et j'aime le Blues, la musique avec de l'esprit produite par des gens de couleur. J'ai touché à pas mal de genres dans ma carrière artistique pour voir comment c'était de l'autre côté, pour évoluer en tant que chanteur.

DOMINIQUE FAVEZ : Donc, Hard Rock.
DAVID : D'accord, j'acquiesce. Avez-vous quelques mots pour vos fans français ?

MARC STORACE : Comme je le disais avant, supportez votre groupe préféré en étant actif, pour que la scène Rock en France se développe mieux. Celle-ci, dans d'autres pays, souffre à cause des médias exceptés avec des gens comme vous qui supportaient cette scène, tout comme la presse Rock. C'est de cette façon que vous pouvez apprécier, voir et écouter vos groupes favoris pour vous mêmes. C'est à vous de faire quelque chose pour la musique et non d'attendre que la scène Rock se développe d'elle-même. Car sans vous, un groupe n'est rien.
Un groupe ne peut pas faire de concerts dans un pays s'il n'a pas de soutien de la part de ceux qui l'écoutent. Tout dans notre monde coûte cher, et c'est de plus en plus coûteux que de faire une tournée : carburant, nourriture, hôtel, tout a augmenté... Les organisateurs ont pas mal de taxes à payer, ce n'est pas facile… Aussi, il faut contribuer physiquement et activement, pour ce que ça existe toujours, les concerts, les albums… Supportez aussi votre scène locale, nationale car c'est important ! Si vous faites çà, il est possible que nous ayons plus de succès ici comme groupe de Rock… C'est la seule voie à suivre, vous savez, devenir actif, proactif afin que la scène se développe…

DAVID : La Suisse est un petit pays et comment le Rock se développe-t-il chez vous ?

MARC STORACE : Oui, mais il y a des festivals à chaque coin du pays. Cette année, c'est dommage car il a plu beaucoup durant ceux-ci donc le public n'a pas toujours voulu attendre sous un déluge… Les organisateurs nous ont payé mais il n'y a pas eu grand monde… Le temps…
Bon, parlons d'écologie désormais. Mr Bush et la convention de Kyoto (Rires).

DOMINIQUE FAVEZ : Il n'arrêtera jamais…

DAVID : Vous avez le droit de polluer si vous payez…

MARC STORACE : Non, on n'a pas le droit de faire ça (indigné..). Ok, tu parles du protocole de Kyoto. J'ai vu une émission sur les MTV Awards où des hommes politiques disaient que voter était essentiel pour la race humaine. Moi, je ne pense pas que les hommes politiques doivent se battre contre le terrorisme ou contre une éventuelle guerre nucléaire mais en premier lieu contre la pollution. De ce point de vue, il est essentiel de voter, pour un monde plus pur. Il faut changer beaucoup de nos mauvaises habitudes. Mais je n'ai pas les pouvoirs pour faire ça. Quand tu vois ce qu'il s'est passé en Floride avec certains bulletins de vote non comptabilisés, et que les membres du gouvernement ont considéré le vainqueur de l'élection présidentielle… Enfin, bref…

DAVID : Oui, triste mais vraie réalité…

MARC STORACE : Quand tu penses au temps qui se dégrade : en août, il n'y a eu qu'un seul jour de beau temps en Suisse. Le reste du temps c'était pluie et vents… Ailleurs en Atlantique, il y a eu des tempêtes, des tornades, des ouragans, des pluies diluviennes… Le pire reste sûrement à venir. Même en Europe, le temps se dégrade.

DAVID : Il y a eu une forte tempête il y plus de six ans en France, en décembre 1999.
MARC STORACE : Ah ? Y'a-t-il eu des morts ?

DAVID : Seulement une vingtaine à cause de chutes d'arbres . Ça s'est produit le matin très tôt.

MARC STORACE : En Suisse, nous avons souffert de la canicule et plusieurs personnes entrées à l'hôpital n'en sont jamais ressorties.

DAVID : Il y a trois ans ?

MARC STORACE : Oui, c'est cela. En France, vous avez eu plus de 10000 morts, j'ai entendu. Le gouvernement semblait être fautif. Ca pourrait faire un sujet de chanson… Ce sujet m'intéresse beaucoup.


DAVID : Quand verrons nous KROKUS en concert en France ?

MARC STORACE : Je sais que GOTHARD a joué à La Locomotive devant plus d'un millier de personnes ici. Si nous pouvons jouer là bas, ce serait un grand progrès pour nous ici. Il nous faudrait plus de promotion à notre égard. L'idée de jouer avec TRUST me séduirait aussi… (Rires) Avec pas mal de grands groupes, on ferait partie d'une tournée. Au Moulin Rouge avec des choristes féminines. (Marc sifflote un air de cabaret) Pourquoi pas ?

DAVID : Sur ce, merci beaucoup à vous.

MARC STORACE : Ah ? Merci à vous d'être venu et d'être actif dans le style de musique que nous défendons. Où est située la radio dans laquelle vous exercez ?

DAVID : Au nord de Paris, au-delà de Porte Bagnolet. Mais vous pouvez écouter l'émission tous les vendredis soirs sur le site web : www.radiomercure.com .

MARC STORACE : Ok, merci.
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