SONATA ARTICA
Interview de Henrik Klingenberg, guitariste de Sonata Arctica, réalisée à Paris le 18 avril 2007 par Charles Kaesser.

Comment s'est déroulé votre voyage pour venir à Paris ?

Bien, en fait nous sommes arrivés à Paris il y a seulement quatre heures. Nous avons été chargés par le promoteur européen de rencontrer la presse. Nous sommes restés un jour à Helsinki, trois jours en Allemagne, puis en Espagne, en Italie, et maintenant nous sommes à Paris pour deux jours. Ca fait beaucoup de " blabla ".

Où sont les trois autres ? Sont ils en promo eux aussi ?

Non, non, ils sont à la maison en train d'apprendre à jouer les morceaux. En fait pour cet album nous avons trois promoteurs, le mois dernier nous étions aux Etats-Unis, ce mois ci en Europe et le mois prochain au Japon. C'est uniquement Tony et moi qui nous chargeons des interviews.

Parlons un peu de votre nouvel album " Unia ". Comment se sont passés l'enregistrement dans ton studio Henkka, ainsi que le mixage à la célèbre Finnvox ?

En fait, l'approche générale a été très différente pour cet album. Les morceaux à enregistrer étaient eux aussi différents de d'habitude. Nous avons bossé les morceaux pendant un mois avant de rentrer en studio. En fait on a dû utiliser cinq ou six studios différents. Tommy [Portimo - Batteur] et Marko [Paasikoski - Basse] ont enregistré la batterie et la basse au " Tico Tico Studio " où nous avions déjà enregistré précédemment. Tony [Kakko - Chant] a enregistrer sa voix ainsi que quelques parties de clavier chez lui, j'ai moi même enregistrer la majorité de mes parties chez moi, et Jani [Liimatainen - Guitare] a enregistré toutes les guitares au " Sonic Pump Studio " d'Helsinki avec l'aide de Nino Laurenne [Guitariste au sein de Thunderstone]. Nous avons utilisé un autre studio proche de chez moi dans lequel nous avons fait quelques arrangements, et enfin nous avons mixé l'album au " Finnvox Studio ". Mais cette fois ci nous voulions quelque chose de plus " soft ", un son moins " dur ", histoire que ça change un peu et que ça permette aux morceaux de prendre toute leur ampleur. Le mastering a été fait à Stockholm chez Björn Engelmann qui a fait un travail tout simplement énorme …

Est ce que c'est encore toi, Tony, qui a quasiment tout composé ?

Oui, comme pour les fois précédentes. Quand la tournée a pris fin, il avait déjà composé 17 morceaux, c'était donc assez facile de repartir pour un nouvel album. Mais je ne sais pas si ça se passera de la même manière le prochaine fois, Tony a une façon assez particulière de composer.

Cet album est pour le moins surprenant, pourquoi cette nouvelle orientation (accompagnée par ailleurs d'un nouveau logo et de pochettes plutôt inhabituelles) ?

Ca s'est fait au fur et à mesure en fait. C'est qu'il commençait à y avoir une certaine lassitude vis à vis des tempos rapides. Nous en avions peut être un peu marre de faire des albums de " power-metal ", mais je ne dis que dans un ou deux albums nous ne reviendrons pas à ce genre de composition. En ce qui concerne le logo et la pochette, nous voulions quelque chose qui colle mieux avec l'atmosphère musical de l'album c'est pourquoi nous avons décidé de ne pas rester sur ce que nous avions l'habitude de proposer visuellement.

N'avez vous pas peur de déstabiliser vos fans ?

Si bien sur, mais nous ne pouvions pas concevoir de continuer à faire toujours la même chose. Ca ne veut pas dire que nous oublierons notre passé pour autant, nous n'allons pas nous amuser à jouer la totalité de " Unia " sur scène en délaissant nos autres albums. Il est clair que nous jouerons des morceaux de cet album mais la majorité de ceux interprétés seront de nos anciens, plus rapides, plus puissants. Je comprends que l'on puisse être inquiet, mais il n'y a vraiment pas de quoi.

Peux tu maintenant nous parler des paroles et que peux tu me dire de ce titre d'album, " Unia ", qui signifie " rêve " en Finnois ?

Les sujets abordés dans les paroles sont assez similaires à d'habitude, sauf que cette fois ci c'est peut être plus " abstrait ". Nous avons appelé l'album " Unia " par rapport à l'atmosphère général qui s'en dégage. Ca semblait mieux que " Dreams " et pour les gens qui ne connaissent pas le finnois ça peut aussi faire référence à l'union ou quelque chose comme ça.

La quasi totalité de vos morceaux auraient pu être des singles, pourquoi avoir opté pour " Paid In Full " ?

C'était la meilleure transition entre l'ancien et le nouveau Sonata. Un morceau pas trop lent, mais surtout assez simple et facile à retenir.

J'ai appris que vous aviez tourné un clip pour " Paid In Full ", et j'ai lu Henkka que tu considères celui ci comme bien meilleur que tous les autres, peux tu nous en parler ?

Il faut aussi dire que nous avons que deux vrais clips à notre actif, " Wolf And Raven " et " Don't Say A Word ". Celui de " Wolf And Raven " n'était pas mal mais il manquait un petit quelque chose, et celui de " Don't Say A Word " était tout simplement ennuyeux, c'est pour ça que ce n'est pas trop difficile que celui de " Paid In Full " est le meilleur. Avec celui ci nous voulions montrer d'où nous venions en tournant dans la nature finlandaise, puis les effets produits par la dynamite sont assez impressionnants. Je pense que ce clip est ce qui représente le plus le groupe à l'heure actuelle.

Quel est votre morceau préféré de l'album ?

Ca change tous les jours … On va dire " Fly With The Black Swan ", c'est celui que je trouve le plus marrant.

Dans les nouvelles moins réjouissantes, j'ai appris que Jani sera remplacé par Elias Viljanen lors de la tournée américaine car il doit " servir son pays ", vous nous expliquez ?

En Finlande vous devez servir le pays, soit en allant à l'armée, soit en faisant un service dit " civil ", ou alors aller chez un médecin qui va considérer que vous êtes inapte à effectuer quoique ce soit. Mais la dernière solution fonctionne rarement. En règle général, les gens effectue leur service vers la vingtaine, mais il est possible de le repousser si on a une bonne raison, ce que Jani a fait à cause des tournées. Il a sans cesse repoussé ça, et maintenant il n'a plus le choix, tant qu'il n'a pas effectué son service, son passeport reste confisqué. C'est une situation délicate, puisqu'il ne sera pas disponible pendant un an. Comme il semblait impossible de l'attendre si longtemps nous avons fait appel à Elias avec qui on s'entend très bien. C'est un très bon guitariste qui a déjà ouvert pour nous avec son ancien groupe. Il fera de son mieux.

Après votre tournée américaine, vous préparerez une tournée européenne qui passera par la France les 13 et 14 novembre prochains à Paris et à Lyon, avez vous déjà réfléchis à une mise en scène particulière ?

Oui, on a quelques surprises, mais nous n'utiliserons pas d'effets pyrotechniques, sauf peut être pour quelques grosses dates, mais ça coûte très cher, nous verrons bien.

Quels souvenirs gardez vous de vos deux dernières dates au Trabendo et à la Loco les 30 avril et 7 mai 2006 ? On vous a senti un peu tendus à la Loco.

Il faisait aussi chaud qu'en Enfer ! Notre meilleur concert en France est celui que nous avons fait en 2003 [à l'Elysée Montmartre avec Kamelot], c'est la meilleure salle que nous ayons faite ici. La Locomotive n'est pas mal non plus. Le Trabendo c'était plus compliqué, le concert s'est très bien passé, le public était génial, mais c'était vraiment difficile pour nous de jouer sur une si petite scène

En parlant de ça, pourriez vous tous les deux nous raconter votre meilleur et pire souvenir durant une tournée ?

Le pire … Toutes les fois où je suis tombé malade. Le meilleur est de loin ma première tournée avec le groupe, c'était vraiment incroyable.

Un dernier mot pour la fin ?

J'ai hâte de revenir en novembre, ça va être vraiment cool, on fera bien la fête !

Remerciements à Valérie Reux et Nath-Ürlich.
Charles Kaesser