KMORLO
Interview : Franck LEBER
1. Le K MORLOT a déjà une histoire propre, pouvez-vous nous la brosser en quelques mots ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Il a commencé sa carrière en fait il y a 35 ans ! Je jouais à l'époque dans un groupe nommé Ravachol et Eric Morlot âgé alors de 5-6 ans, venait voir les répétitions du groupe. Cela faisait partie de ses fantasmes et de ses rêves de jouer avec la personne qui l'a formé car ensuite il a fait une énorme carrière de batteur. Il a joué dans des groupes comme Godard, Les amis de ta femme et quand il s'est retrouvé tout seul, il a pensé qu'il était temps de monter le groupe dont il avait envie, avec ses compositions, ses parties de guitares. Il m'a alors téléphoné me demandant si j'étais libre. On a donc formé le K MORLOT et il a réussi à mettre en musique mes textes en plus des siens. Mais le principe est que j'écris les textes et il les met en musique. Etant donné que nous avons suivi le même parcours, il est dans le même état d'esprit que moi.

2. D'où vient ce nom K MORLOT, je devine que le K vient de Kristofik et le MORLOT du patronyme d'Eric ? Mais en dehors de cette combinaison simple, pourquoi ne vous êtes-vous pas creusé la cervelle un peu plus ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Oui c'est cela ! Disons qu'Eric, je réponds à sa place, voulait assumer complètement ce qu'il faisait et mettre son nom dans le nom du groupe, c'est un risque mais il ne voulait pas se cacher derrière un nom qui ne veut rien dire. Il m'a fait une faveur en mettre le K devant. Si tu connaissais Eric, tu verrais qu'Eric est vraiment un cas !

3. Quels sont vos principes de composition, qui fait quoi dans le groupe et surtout comment naissent vos paroles, qui je trouve sont souvent auréolées d'une certaine poésie alliée à une certaine rudesse du vécu ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : On peut dire que les paroles viennent une fois qu'on a l'idée. Eric parle beaucoup de son vécu et tu peux reconnaître les titres qui viennent de lui car sa vie est chargée de rebondissements et les titres venant de moi racontent plutôt des histoires car j'aime mieux raconter des histoires.

4. Votre 1ère démo a fait un tabac, vous vous êtes ensuite rodés sur des concerts dans votre région, comment ensuite avez-vous envisagé d'aller plus loin et de commencer à essaimer dans la France entière ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Comme tu dis, c'est tellement aléatoire que l'on va d'abord essayer. On n'a pas le choix, on va prendre la route en faisant un maximum de concerts et pour se rôder sur le spectacle. On a beau dire : même si on est plus ou moins bons musiciens, plus ou moins bons compositeurs, le fait de faire un spectacle cela engage à ne pas se moquer des gens, à faire quelque chose d'acceptable pour eux. Après on prend le chemin obligatoire pour rôder le spectacle, il faut écrire de bonnes compositions et puis advienne que pourra !


5. Est-ce que tous les 3 musiciens du K MORLOT ont grandi avec la musique mélodique des 80's, quel groupe français et quel groupe étranger sont pour vous les principaux moteurs de vos influences ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Je pense pouvoir répondre pour Eric aussi : les plus grosses influences sont les Ramones, Led Zeppelin, les 3 classiques Brassens, Brel, Léo Ferré et moi j'ai particulièrement aimé un groupe qui m'a fait démarrer la batterie, c'est un groupe allemand des années 70 qui s'appelle Can et puis il y a bien sûr d'autres groupes des années 70. Les influences se sont arrêtées en 1985 mais Eric est plus au fait de la musique actuelle, il suit tout le temps, moi j'ai plutôt décroché à la fin des années 80, je ne me reconnaissais plus dans ce qui se créait.

6. Pourquoi avez-vous décidé de faire financer par les fans votre vinyl associé à un cd au lieu de frapper à la porte d'un label (apparemment cela a porté ses fruits) ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : C'est un vieux rêve d'Eric de faire un vinyl et puis je pense que d'un commun accord, cela nous permettait de travailler et d'avoir un résultat. Donc on a décidé de faire un vinyl avec un cd, pour faire un objet genre collector.

7. Comment s'est établi le contact avec ce label toulousain Schizophrénia ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Je ne peux pas te répondre mais je pense qu'Eric avait dans ses connaissances pas mal de contacts, fruit de ses années de concert. Il a envoyé la maquette à plusieurs labels et c'est ce label qui a répondu en premier.

8. Les titres présents sur votre futur album (enfin !) prévu le 10 novembre prochain, il me semble, seront ceux que nous connaissons déjà ou y aura-t-il de nouveaux titres ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Il y a 4 titres sur le vinyl, 5 sur le cd, il y a 13 sur le nouvel album ce qui correspond à 8 nouveaux titres. On en a encore à peu près une vingtaine de prêts. On a entre un ou 2 albums d'avance. Au niveau des compositions on est assez productifs.

9. Un grosse tournée est à l'ordre du jour avec plusieurs dates dans toute la France, comment vous sentez-vous avant ce périple et quel est votre état d'esprit avant d'attaquer la route ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Les 2 concerts de ce week-end nous ont fait franchir un cap au niveau du contact avec le public, de l'aisance sur scène, on a passé le cap de la peur, ce week-end. Jusque là j'étais stressé mais cela dure moins longtemps maintenant, je deviens plus sûr de moi. C'étaient des craintes que j'ai donc surmontées ce week-end. Je pense que pour les autres c'est pareil, au niveau de la confiance mutuelle, Eric (chant et guitare) se reposant sur nous 2 : Jérôme le guitariste et moi le batteur. Nous avions un bassiste mais il est parti et nous n'avons pas jugées nécessaire de le remplacer. Nous y arrivons bien à 3.

10. Quelle est votre ambition pendant la tournée et comment voyez-vous votre avenir en 2009 ? Etes-vous déjà en train de penser à l'album suivant et avez-vous des titres prêts à être enregistrés ?

Johnny Kristofik (KMORLOT) : Ce qu'on attend de la tournée, c'est de satisfaire le public et ensuite on continuera les concerts. SI le label nous suit on enchaînera sur le prochain album. Actuellement les 20 dates prévues nous seront rémunérées pour payer les déplacements et si un merchandising se met en place, cela nous permettra d'avoir un petit plus. Notre prétention s'arrête là pour l'instant. Nous ne faisons pas de plan sur la comète, on se concentre sur notre travail, tout simplement.

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