ROCKFABRIK Ludwigsburg , 30 Septembre 2007
Live-Report : FRANCK LEBER
Photos : ERIC OUAKNIN
La nouvelle édition du United Forces of Rock, 3ème du nom (UFOR3) s'est tenu comme d'habitude à la Rockfabrik de Ludwigsburg et cette année, l'accent a été mis sur le mélodique, si l'on compare avec l'année précédente. Il y a eu une nette amélioration du niveau sonore, qui sans être extraordinaire, a néanmoins été plus en rapport avec ce que l'on attendait : du son certes mais pas trop envahissant et mieux calibré. Un point positif à souligner et je vous laisse juger de la suite !
HUMAN ZOO

Ce jeune groupe allemand n'est en fait que la réunion d'anciens musiciens allemands issus de groupes divers tels que Subway ou Glenmore.

Tommy Strobel (batterie), Thomas Seeburger (chant), Ingolf Engler (guitares) et Zarko Mestrovic (claviers) ont fondé le groupe en 2004 et furent rejoints par Marcus Ratheiser (basse) et Boris Matakovic (saxophone) en 2005.

Leur 1er album Precious Time produit par Dennis Ward a connu un petit succès et l'enthousiasme du groupe, visible sur scène, a conquit d'entrée le public venu en petit nombre cet année.

Le hard rock délivré par HUMAN ZOO est certes sommaire, avec de la conviction tout de même mais le chanteur hurle plus qu'il ne chante et la batterie trop sèche et vraiment stéréotypée ne permet pas de donner un effet mélodique appréciable. Les guitares sont vraiment absentes (on ne les entend guère) et les titres de leur nouvel album déjà sorti (Over the horizon) ne font pas encore mouche. Le son est lourd et l'imagination fait défaut.

Un premier show à oublier donc !

LAST AUTUMN'S DREAM

C'est alors que déboule la 1ère surprise de la soirée avec ce combo germano-suédois, emmené de main de maître par Mikael Erlandsson (quelle voix) très en verve et armé d'un magnifique clavier blanc.

Autour de lui, l'ex-guitariste de Fair Warning, Andy Malecek, le renommé Marcel Jacob à la basse ainsi que son compère, batteur de Talisman, Jamie Borger.

Le groupe en est à son 4ème album, peut-être le plus réussi et ils nous assènent des titres superbes comme "The young and the wild", "Pages" ou "Love to go" sans oublier une sublime reprise de Zeno le magnifique "Heat of emotion" empreint d'une fièvre mélodique bien palpable.

Mikael Erlandsson au risque de me répéter assure un maximum et se démène sur scène, la rythmique suit bien, les titres bien choisis nous ont bien plu et le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé, applaudissant chaleureusement ce groupe qui monte ! Superbe prestation par conséquent !

 

Play list LAST AUTUM'S DREAM : For The Young & The Wild - After Tomorrow's Gone - Pages - Heat Of Emotion - Love To Go - Rock N Roll Is Saving My Soul - Again & Again

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SOUL DOCTOR

Et çà continue car avec SOUL DOCTOR, le groupe du chanteur de Fair Warning, Tommy Heart, on nage en plein rock pêchu, dynamisant et absolument rafraichissant.

La set list bien équilibrée avec des titres issus des 2 premiers albums et surtout du 4ème et dernier en date, Blood runs cold, entamé d'entrée par ce titre virevoltant, permet au groupe d'asséner sa musique avec force et conviction.

Le maître à chanter ce genre de musique qu'est Tommy Heart se régale et sa forme visible éclate sur scène. Avec son compère Chris Lyne (guitare) les nouveaux venus en 2005 que sont Jogy Rautenberg (basse) et Michael Wolpers (batterie), Tommy assure un show carré, percutant, certes traditionnel et sans trop d'originalité.

Avec des titres comme "Soul doctor", "Goodbye" du 1er album et ceux comme "Good time slippin' away", "See you in heaven" du 2ème album, le groupe fait dans l'efficacité, l'énergie et les refrains imparables ne peuvent que faire mouche. Une montée en puissance parfois un peu trop poussée fait que Tommy force un peu sur la fin mais ce type de show est régénérant et apporte un plus au mélodique et au bon rock qui cogne !

Play list SOUL DOCTOR : Blood runs cold - Under your skin - Good time slippin' away - Temptation - See you in heaven - Love in the face of danger - Goodbye - Unspoken words - What do U want - Soul doctor - Just can't get over you
WHITE WOLF

C'est un événement que d'assister au grand retour de WHITE WOLF groupe canadien qui a sorti 2 albums dans les 80's : Standing alone en 1984 et Endangered species en 1986.

Leur nouvel album Victim of the spotlight déjà dans les bacs est une véritable résurrection, orchestré par Escape Music, qui a demandé à Don Wolf de remonter le groupe avec Cam McLeod. Et le résultat est ce nouvel album et cette scène pour UFOR3 ! Et je vous prie de croire que le résultat fut à la hauteur.

Un chanteur (Don Wolf) puissance maxi, un son d'enfer, une rythmique infernale dès l'entame par une intro lumineuse, bref la classe ! On retrouve donc avec plaisir Cam McLeod aux guitares, Imre Daun à la batterie, Rikard Quist à la basse et surtout le petit dernier Martin Kronlund à la guitare rythmique qui a produit d'ailleurs le dernier album.

Tout le show fut rondement mené avec cette hargne nécessaire pour aller au bout de soi-même, avec un niveau musical élevé, un son toujours égal, un allant toujours renouvelé. Les titres furent très accrocheurs, autant les anciens comme les fameux "Standing alone", "Shadows in the night" et "She" comme les nouveaux "Price of one", "Eyes of the world".

A noter le fantastique envol des claviers et la redoutable machine WHITE WOLF a fait ce soir-là feu de tout bois ! Un retour en force assurément !

 

Play list White Wolf : Cross - Who's the one - Steam - Free - Headed for a heartbreak - Rainbow in the rose - Blind revolution mad - Daniel - Easy come easy go - Madalaine - Down incognito - Seventeen - Miles away

DANGER DANGER

Rien que le nom du groupe nous fait frémir et ce n'est rien en comparaison de ce qui suivit !

DANGER DANGER, groupe phare de la fin des années 80's de retour sur scène depuis la reformation en 2004 avec Ted Poley, le chanteur originel ! Et quel retour les amis ! Ted Poley sur scène est une véritable aubaine, tant l'homme a une puissance vocale, une attitude résolument rock, enthousiaste, souriant, détendu et surtout d'un naturel extraordinaire, d'une gentillesse sans égal et d'une hargne rock qui transpire ! Il a même quitté la scène rejoignant le public sur le non moins sublime titre qu'est "Don't walk away".

Bruno Ravel déchainé à la basse, Steve West aux fûts et le nouveau guitariste Rob Marcello en tout point remarquable l'ont soutenu à fond pendant ce show magique sillonné par les titres cultes que sont "Bang bang", "Rock America", "Under the gun", "Beat the bullet" et autre "I still think about you". Bref toute la panoplie DANGER DANGER y est passé pour notre plus grand bonheur, et la frénésie musicale de ce groupe a complètement déteint sur le public qui a scandé maintes et maintes fois les refrains ravageurs de ces titres estampillés hard US et mélodiques, éternellement !

La classe a l'état brut, un son d'enfer, une rythmique béton ont fait chavirer dans la liesse la plus complète et la plus rock tous les fans présents !

 

Play list Danger Danger : Crazy Nites - Under The Gun - Beat The Bullet - When She's Good She's Good (When She's Bad...) - Don't Walk Away - Monkey Business - Boys Will Be Boys - Don't Blame It On Love - Rock America - Bang Bang - I Still Think About You - Naughty Naughty

STAN BUSH

Comment imaginer avoir à 2 m ce chanteur hors pair, ce compositeur de talent qui a déjà plus de 20 ans de carrière, des albums à la pelle et une modestie infinie alliée à un professionnalisme exemplaire ?

Car le sieur Stan, déjà applaudi la veille en acoustique au bar "The Clansman" à Ludwigsburg est en délicatesse avec sa gorge, probablement un coup de froid et n'a donc pas toutes ses capacités !

Mais il a tenu à offrir au public ses nouveaux titres issus de "In this life" (il en interpréta 4) et avec ses musiciens méconnus (Holger Fath à la guitare, Lance Morrison à la basse, Dirk Nagel aux claviers) mais de talent, il a donné un show mélodique d'excellente facture avec un son très honorable et une assurance visible !

Certes notre ami n'est un génie de la scène et sa présence est très simple, mais les joyaux délivrés en valaient la chandelle ! Pensez-donc entendre en live les "Love don't lie", les "Joanna", les "Primitive lover" ce dernier de Stan Bush & Barrage et surtout le hit "The touch" ont suffi à notre bonheur même si je le répète son jeu de scène fort simple n'a pas vraiment séduit !

Qu'importe ses musiciens ont déployé leur énergie pour donner un ton résolument rock mélodique à ce set bien enlevé et si bien interprété ! So long Stan ! Keep on rocking !!

 

Play list Stan Bush : I'll never fall - I got a thing for you - Hard to find an esay way - Falling - Love don't lie - Joanna - Primitive lover - Can't hide love - Take it all the way - In this life - The touch - Every beat of my heart

JOE LYNN TURNER

On en vient à la soi-disant tête d'affiche, du moins sur le papier, c'est-à-dire JOE LYNN TURNER !

Le bonhomme n'ayant plus rien à prouver s'est cru obligé de rester fidèle à son image, celle que tous ceux qui le connaissent ont l'habitude de voir : un ramassis de poses, de gestes déplacés et inutiles, de manières dignes d'un adolescent qui veut montrer son talent et qui en rajoute sans arrêt !

De la part d'un si grand chanteur, car c'est un grand chanteur, heureusement pour lui, cela semble bien étonnant, mais ce fut ainsi. JOE LYNN TURNER a certes donné un show de qualité avec des titres j'allais dire habituels comme "I surrender" ou "Stonecold" voire "Smoke in the water" mais il n'a pas assez donné de titres récents de ses albums solos même si nous avons eu droit à "Power of love" de The usual suspects ou "Your love is life" et le magnifique "Blood red sky" de son dernier album Second hand life.

Son attitude scénique a fini par agacer et lasser bon nombre de passionnés présents et cela donne une image moins belle de la fin du festival.

Certes il faut passer outre car le sieur TURNER est une valeur sûre du rock mélodique mais il est clair qu'il est préférable de l'écouter du fond de son fauteuil plutôt que de le voir sur scène ! A moins qu'il ne s'en aperçoive un jour, qui sait !

Play list Joe Lynn Turner : Death alley driver - I surrender - Power - Street of dreams - Power of love - Jealous lover - Can't let you go - Your love is life - Blood red sky - Stone cold - Devils door - Can't happen here - Spotlight kid - Smoke on the water - Highway star - Burn
Un dernier mot pour conclure : la déception mélodique de l'an passé malgré la présence en tête d'affiche de FAIR WARNING a bel et bien été effacée cette année grâce notamment à LAST AUTUMN'S DREAM, WHITE WOLF, DANGER DANGER et STAN BUSH qui ont placé la barre bien haut et donné au public présent bien des frissons et permis de renouer avec notre genre préféré de la plus belle des manières. Vive UFOR4 maintenant !!!